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Des papiers

Ce blog a été créé pour soutenir une famille installée depuis bientôt deux ans à Carentoir et unanimement appréciée et intégrée. Khadijat Gadjomarova, professeur de chimie, a dû fuir sa région d’origine le Dagestan (qui fait partie de la fédération de Russie) suite aux persécutions de son ex mari. En effet ce dernier, ancien chef d’entreprise, s’est converti an 1998 au mouvement des Wahhabits : groupe islamiste qui prône la violence dans l’action, l’intégrisme dans le dogme et prive la femme de toute liberté.

 


Dès lors, la mère et son fils ont été cloîtrés à leur domicile, en pouvant plus parler à quiconque et ne plus voir leur famille. Cette femme a dû cesser d’exercer son métier d’enseignante. Le divorce prononcé officiellement par l’état Russe aurait dû la protéger, mais il n’est pas reconnu par la loi de la charia des Wahhabits. Dans cette région frontalière de la Tchétchénie, les Wahhabites ont une très forte influence. Ces dernières années, on a noté des tensions entre des écoles soufistes locales (islam natif) et des missionnaires wahhabits venus dans la région rechercher des gens à convertir.

L’expulsion vers le Daguestan constituerait un danger réel pour Khadijat qui risque la mort ainsi que pour son fils qui a déjà subi de nombreux traumatismes.

Actuellement, Khadijat et Magomed sont sous la menace d'un arrêté de reconduite à la frontière prononcé par le préfet du Morbihan. Un recours au tribunal administratif a été déposé par Maître Mélanie Le VERGER. Il est indispensable de mobiliser autour de cette famille pour espérer une issue positive et éviter une expulsion qui pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Le collectif du personnel du lycée, des parents d’élèves du Lycée Brocéliande à Guer 56, l'association Sambrana, la FCPE, SGEN, CFDT, SDEN CGT, SNESFSU, SNFOLC, UNSA ont lancé une pétition demandant la régularisation de cette personne et de son fils élève en seconde en section d’enseignement professionnel au lycée de Guer, pour leur permettre de vivre librement sur le territoire Français où ils témoignent d’une intégration réussie.

Venez nombreux nous rejoindre, toutes les marques de soutien sont importantes et comptent. Les prochains rendez-vous : .

- Rassemblement tous les samedi matin à 10h30 place de l'étoîle à Carentoir,

- Manifestation samedi 23 juin place de l'étoîle à Carentoir à 10h30. Vu le déroulement de l'audience au Tribunal administratif, il faut être nombreux pour obtenir un changement d'attitude du préfet.

 

- Si vous avez des idées originales de manifestation ou d'évènement, n'hésitez pas à nous contacter et à les proposer. Il faut maintenir la mobilisation.


 

N'oubliez pas, si ce n'est pas encore fait la pétition sur le site de RESF : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article4761 et la possibilité d'écrire au préfet (Formulaire présenté dans les documents suivants: Des papiers pour Khadijat et Magomet ).

 

N'hésitez pas à laisser vos commentaires ou mots de soutien en cliquant à la fin de chaque article sur le mot commentaire

Vous pouvez également visionner les deux vidéos des reportages de FR3 bretagne à l'adresse suivante : http://www.dailymotion.com/didier640

Pour couvrir les frais d'avocats et de traducteur assermenté, nous faisons appel à la générosité de tous. Vous pouvez adresser vos dons à : Association Changement de décor - Centre de Ressources - 56380 Guer. Libellez les chèques à l'ordre de : Ass. Changement de Décor.

Mardi 8 mai 2007
Lundi 7 mai, le collectif s'est réuni pour faire le bilan des actions en cours et à venir.

Du côté des soutiens des élus nous avons reçu un soutien de :
- Municipalité de Carentoir
- Municipalité de Guer
- M. le conseiller général de Guer, M. Jean Marie Chadouteau
- Mme La conseillère générale de Ploermel, Mme Béatrice Le Marre qui nous a également apporté son soutien lors du concert du 4 mai
- M. le député de la circonscription de Ploërmel, M. Loïc Bouvard
- M. Le Président de Région, député de Lorient; M. Jean Yves Le DRian
- M. Le député européen, de Quimper; M. Bernard Poignant
- Mme La sénatrice du Morbihan, Mme Odette Herviaux; Maire de la Croix Helléan


De nombreux autres élus ont été contactés, certains nous ont répondu défavorablement et je passerai sous silence leurs noms, d'autres ne nous ont pas encore répondu et d'autres doivent soumettre prochainement la motion de soutien à leur conseil municipal.
Nous continuerons à solliciter tous les élus de notre région pour apporter le plus large soutien à Khadijat et Magomed.

Pour le concert de vendredi dernier, vous trouverez ci dessous des compte rendu de Ouest-France
OUEST-FRANCE 7 mai 2007 et du Collectif La solidarité en musique ainsi que dans la colonne à gauche de l'écran un album photos concert-du-4-mai. Cette manifestation festive a constitué le plus gros rassemblement depuis le début de la mobilisation.

En matière de date à retenir :

- Rassemblement tous les samedi matin à 10h30 place de l'étoîle à Carentoir,

- Tounoi de Football à partir de 14h entre les moins de 18 ans de La Fondelienne de Carentoir et des équipes de lycéens du Lycée Brocéliande samedi 12 mai.

-Vendredi 18 mai manifestation à 15h devant la préfecture de Vannes Place du Général De Gaulle, venez nombreux. Covoiturage possible. Ecrire à
didierc64@wanadoo.fr


- Mardi 22 mai à 8h petit déjeuner champêtre sur le parking du Lycée Brocéliande. Apportez votre café, céréales, lait ou biscottes pour partager un moment de convivialité.

- Si vous avez des idées originales de manifestation ou d'évènement, n'hésitez pas à nous contacter et à les proposer. Il faut maintenir la mobilisation jusqu'au 14 juin et sans doute au delà.


Nous avons également plusieurs projets, si vous voulez vous y associer ce sera avec plaisir :

- Une soirée de théâtre d'impro sur le thème des sans papiers, date et lieu à définir

- Un vide grenier à Guer fin mai ou début juin

- La projection du film documentaire de Marie Borrelli "Sans Papiers ni crayons" ( Sans papiers ni crayons un documentaire à découvrir absolument) au cinéma Manivel de Redon suivi d'un débat, nous attendons des réponses à ce sujet


- Un projet de nouveau concert est également en préparation.

Si vous avez des suggestions n'hésitez pas à nous en faire part. Et, n'oubliez pas de faire circuler la pétition : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article4761 


- Adresser le coupon ci-dessous à Monsieur le Préfet du Morbihan – 10 bis place du Général de Gaulle BP 501 56019 VANNES Cédex - pour manifester votre désapprobation à sa décision. 

Merci de votre indispensable soutien.


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Monsieur le Préfet,

Vous avez pris la décision d’expulser Khadijat GADJOMAROVA, domiciliée à Carentoir et dont le fils est scolarisé au lycée professionnel de Guer. Je tiens à vous faire savoir qu’au regard de la remarquable intégration de Khadijat et de Magomed, je désapprouve la décision d’expulsion portée à leur encontre.

Nom :

Prénom :

Adresse :

Commune :

Signature :

 


 


 



Tous les soutiens sont importants, venez nous rejoindre.
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Mardi 8 mai 2007
800 personnes, vendredi soir, pour soutenir Khadijat et Magomed













Vendredi, près de 800 personnes ont assisté au concert organisé devant l'église, par le collectif de soutien à Khadijat et Magomed, menacés d'expulsion vers le Daguestan.

Près d'une dizaine de groupes se sont produits. La soirée a été lancée par la troupe Flanfare aux Pruneaux de Rochefort en Terre. Le groupe du lycée Brocéliande de Guer, Kétamine, a ensuite pris le relais. Benoît Fleury et Mathis ont interprété des chants de marins, Rémy Peignard, Karim et Mickaël ont choisi, pour leur part, une chanson des Blankass et de Ridan. La chorale Les voix lactées s'est également produit et le chanteur des Ténors de Brest a fait un détour par Carentoir pour soutenir cette action en faisant danser le public. Hanbirom le groupe redonnais a pris place ainsi que Yann avec son accordéon.

Les jeunes du lycée de Beaumont, les Bringuettes ouvertes ont fait leur première apparition. Pierre, le chanteur a interpellé les spectateurs avec des textes rappelant les droits de l'homme. Cédric et Yann de l'association Apsolu ont assuré bénévolement la sonorisation. Tous les groupes présents se sont produits gratuitement.

Emu, Magomed, présent lors de cette fête, était impressionné par la mobilisation de ses copains lycéens et de la présence de nombreuses personnes. Lui et sa mère remercient chaleureusement toutes les personnes qui les aident.

L'action continue. Le groupe se retrouve chaque samedi place de l'étoile à Carentoir à 10 h 30, d'autres rendez-vous sont programmés, notamment au tribunal administratif de Rennes, le 14 juin. Une rencontre de football aura lieu au stade le samedi 12 mai.

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Samedi 5 mai 2007

Plus d' un millier de personnes au coeur chaud

Hier soir, le parvis de l'église s'est transformé en scène de concert et la foule a été au rendez-vous. Cédric et Yann d'Absolu ont installé leur sono en un temps record pour permettre aux 8 formations présentes d'apporter un soutien musical haut en couleur à Khadijat et Magomed. La Flanfar et Pruneau a été la première à égrener des notes dans la rue, au fil de leur prestation, les spectateurs sont arrivés en flots continus. La bonne humeur de cette musique de rue aux intonations chaudes ont permis au public de se réchauffer rapidement. Ensuite, les jeunes du lycée

Brocéliande de la formation Kétamine a séduit un public de connaiseurs. Le collectif emmené par Benoît Fleury et son fils Mathis (3 ans) ont déclenché des applaudissements nourris, suivi par Rémy, Karim et Mickaël qui ont notamment interprété avec brio l'un des titres du nouvel album de Ridan

, qu'ils avaient répétés spécialement pour l'occasion : "Tu la connais .." enfin pour cloturer la prestation du collectif, Moopy à la guitare, l'harmonica et chant, a étonné avec des compositions personnelles de qualité. La Chorale "Les voix lactée" dans un autre registre tout en dérision et humour a été obligé de cédé aux rappels. Et puis, un invité surprise, le chanteur des "Ténors de Brest", séduit par le motif du concert a saisi sa guitare et lui aussi a fait danser le public. Han Bi Rom, avec Claudius au chant, a montré toute la verve de leurs compositions pour certaines engagées et d'autres pleines de réalisme. Après cet arc en ciel de musique, le public n'était pas au bout de ses surprises. Avant de céder la place aux groupes redonnais, Yann à l'accordéon et chant a vu le public reprendre en choeur "jean François de Nantes". Le lycée beaumont a alors mobilisé la scène plus d'une heure avec tout d'abord "les Braguettes ouvertes", jeune formation

pleine de talent qui faisait leur première apparation en public. Sur une musique rock, Pierre a interpelé les spectateurs avec des textes rappelant les droits de l'homme et la façon dont ceux-ci sont de plus en plus piétinés. Jungle Wax, récent vainqueur du tremplin rock des lycées de Redon a permis au public Carentorien de découvrir en avant première un groupe talentueux qui sera présent à la fête de la musique. Sur des inspirations de la Mano Négra mais aussi des compositions très personnelles, ces jeunes musiciens ont l'avenir devant eux. Enfin, pour finir en beauté, Les Ruffians, avec leur reggae dans l'esprit des Rasta Bigoud ou Pierpoljack ont été suivi par un public inconditionnel et communicatif.

Cette soirée restera certainement dans les esprits de beaucoup comme une preuve de tolérance, d'amitié et de fraternité. Que ce soit en famille ou entre copains, il y a eut une vrai communion entre les spectateurs et ces formations toutes de qualités qui nous ont offert un patchworck musical ou le mot solidarité a été le fil conducteur. Nous tenons à tous les remercier pour cette prestation où ils ont mis beaucoup de coeur et ont su le propager au public. Une mention spéciale également à Cédric et Yann pour avoir assuré avec professionnalisme la sonorisation de huit groupes aux styles et instruments très différents. Enfin, merci également à Alain pour ses galettes et sa participation et Gaëlle et Jérôme du Carentino pour leur solidarité et soutiens.

Il ne faut pas oublier, ces centaines de personnes, radieuses et généreuses qui par leurs applaudissements, choeurs et danses ont su faire retrouver au centre bourg un air estival et festif malgré une température glaciale. Les coeurs chauds ont été les plus forts. Khadijat et Magomed vous en remercient challeureusement.

Vous aussi qui avez participé à cette soirée en tant que musicien, bénévole ou  spectateur déposez nous vos impression en cliquant ci-dessous sur "ajouter un commentaire"

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Vendredi 4 mai 2007

Voici un communiqué de RESF sur la situation des réfugiés en France et le "tri" effectué par l'OFPRA.

Bonjour

Lors des dernières réunions, certains se sont étonnés du faible taux
d’asile accordé par l’OFPRA … moins de 8% en 2006 ! ce qui place la
France bien loin de sa réputation de Terre d’Accueil, et fait du terme «
Patrie des Droits de l’Homme » un terme maintenant trop souvent galvaudé
par la triste réalité.

Pour plus d’information sur les tristes dérives de *l’OFPRA qui n’a plus
de* *Protection* des Réfugiés et Apatrides *que le nom*, nous renvoyons
au très bon article de Catherine le Gall, qui a officié au sein de
l’OPFRA avant de se dire … ‘’ /Il devient déprimant d’être une machine à
fabriquer des sans-papiers. Partir devient une nécessité’’/

http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article3292

 

L’Express : « Je ne veux plus trier les réfugiés »

 

L’Express du 19/01/2006
www.lexpress.fr...

« Je ne veux plus trier les réfugiés » par Jacqueline Remy,
Catherine Le Gall

Catherine Le Gall, qui signe ce récit, a travaillé deux ans à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) avant de se convertir, récemment, au journalisme. Il s’agit donc d’un témoignage, subjectif et intense. Nous avons décidé de le publier parce qu’il illustre, mieux peut-être que toutes les enquêtes, le monde de Kafka dans lequel sont plongés les demandeurs d’asile et ceux qui traitent leurs dossiers. Certes, la France ne peut accueillir, selon l’expression consacrée, toute la misère du monde. Mais, souvent insuffisamment formés, exhortés à « faire du chiffre », les agents de l’Ofpra sont confrontés à l’obligation de pratiquer un tri cruel et parfois arbitraire selon des critères pas toujours explicites. Au moment où le gouvernement prépare une nouvelle loi sur l’immigration alors que l’Europe des 25 tente d’élaborer des règles d’asile communes et où il entend rendre plus strictes les conditions de l’obtention du statut de réfugié, ce récit du quotidien d’un agent, vu de l’intérieur, démontre la complexité et les difficultés concrètes d’une application juste et cohérente du droit d’asile

Un témoignage exclusif Le visage sérieux et concentré, droits comme des petits soldats, nous écoutons attentivement le discours de bienvenue du directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. « Nous avons reçu 60 000 demandes d’asile l’année dernière. Le délai de traitement des dossiers est actuellement de onze mois, l’objectif est de passer à deux mois », explique-t-il aux 150 nouvelles recrues, en cette matinée de janvier 2003. Pendant deux ans, jusqu’à ma démission, j’ai assisté à la préparation puis à l’application de la réforme du droit d’asile. Au poste d’officier de protection, je recevais les dossiers des demandeurs et je les convoquais en entretien afin de leur reconnaître ou non le statut de réfugié politique. « Il ne faut pas parler d’unités de déstockage », martèle mon chef de service. Et pourtant, la nouvelle armée d’officiers de protection est chargée d’épurer les 30 000 dossiers en attente. En guise de mise en jambes, la hiérarchie a décidé que nous devions nous exercer avec des procédures courtes : des demandes dont le récit n’apparaît pas suffisamment crédible pour que l’on reçoive le demandeur en entretien. Pour ces dossiers, triés par un collègue expérimenté, il n’y a pas de doute possible, la réponse est non. A peine le temps de réaliser que je vais m’occuper des demandes d’asile en provenance de la République démocratique du Congo et de la Mauritanie, me voici face à mes dossiers. Toute à ma mission de protection, j’ouvre le premier et je découvre un visage. Il est congolais, il a 35 ans, son regard est plein d’espoir. Qui a-t-il laissé derrière lui ? S’est-il endetté pour faire ce voyage ? Inutile de me poser la question. Son destin est scellé : je dois rejeter sa demande. Il n’a même pas le droit de se défendre lors d’un entretien. La conduite à tenir est tracée : lire le dossier, relever les incohérences du récit, estimer qu’il n’est pas suffisamment détaillé. « J’étais officier dans l’armée de Mobutu, a écrit le demandeur. Lorsqu’il a quitté le pouvoir, les partisans de Kabila ont pillé ma maison, violé ma femme et ma fille. J’ai pu fuir par une fenêtre, je me suis caché chez ma tante et elle m’a aidé à quitter le pays. Je ne peux pas retourner à Kinshasa, où je risque d’être assassiné par le nouveau régime. » La sentence, toujours la même, tient en une seule et même formule : « Les déclarations de l’intéressé, peu personnalisées et non circonstanciées, ne permettent pas d’établir la réalité des faits énoncés ni la nature des craintes évoquées. La demande d’asile est donc rejetée. »

Dossier suivant. Autour de moi, dans l’open space, mes collègues produisent des rejets à la chaîne. Je m’interroge. Dans quelles circonstances les demandeurs ont-ils rempli leurs dossiers ? A peine arrivés en France, ils doivent foncer à la préfecture pour obtenir une autorisation provisoire de séjour (aujourd’hui, trois semaines). Ils n’ont qu’un mois pour envoyer leur dossier à l’Ofpra. Pour eux, la course commence : trouver un logement, déclencher les allocations dont ils bénéficieront pendant un an et, l’essentiel, préparer leur demande d’asile. Bien sûr, ils ne parlent pas français. Bien sûr, ils n’ont pas apporté tous les documents qui prouvent les persécutions qu’ils ont subies puisqu’ils ont fui. Alors que font-ils ? Ils se tournent vers leur communauté. Et ils paient 30 euros pour la traduction d’une page ou la fabrication d’une histoire type, censée leur permettre de décrocher le statut de réfugié politique, 50 euros pour une fausse pièce d’identité ou un diplôme bidon. Droit d’asile : la réforme

France, terre d’asile ? Confrontés au plus gros afflux en Europe de candidats au statut de réfugié - 60 000 en 2005 - les pouvoirs publics accélèrent le traitement des dossiers. Et réduisent les possibilités et les délais de recours. Avec la réforme du droit d’asile entamée en 2003, un étranger ne dispose plus que de vingt et un jours (contre un mois auparavant) pour déposer son dossier, rédigé en français, auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Si le candidat est originaire d’un pays réputé « sûr » ou si sa demande ne semble pas reposer sur des persécutions fondées, le cas peut être examiné en quinze jours, voire en quatre-vingt-seize heures quand le demandeur est placé en centre de rétention.

En 2004, 11 292 personnes ont obtenu le statut de réfugié - qui donne droit à une carte de résidence de dix ans - ou ont bénéficié d’une « protection subsidiaire ». Ce qui leur ouvre une autorisation de séjour d’un an, renouvelable. En cas de rejet, le demandeur d’asile a un mois pour faire appel auprès de la Commission de recours des réfugiés. Un prochain décret devrait ramener cette durée à quinze jours. Un « délai intenable », selon les associations d’aide aux étrangers. La durée moyenne du traitement d’une demande est ainsi passée de deux ans en 2002 à huit mois aujourd’hui. Mot d’ordre : « déstocker » les milliers de dossiers en souffrance.

Les autorités comptent également inciter les candidats à résider dans les Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada). Faute de quoi, ils seraient privés de l’allocation temporaire d’attente (280 euros par mois pour un adulte). Par ailleurs, une récente note d’instruction, émanant des ministères de l’Intérieur et de l’Emploi, demande notamment aux préfets d’améliorer « le taux de rotation dans les Cada ». En clair : ramener la durée de séjour moyenne de dix-huit mois actuellement à neuf ou dix mois. Disposant de 17 000 places, ces centres hébergent 18% de personnes déboutées du droit d’asile et donc susceptibles d’être reconduites à la frontière. La note d’instruction recommande d’ailleurs d’ « assurer l’éloignement effectif de ces déboutés ». « Va-t-on pousser à la rue ou expulser des familles avec enfants qui sont en France depuis plusieurs années ? » s’interroge, inquiet, Patrick Delouvin, d’Amnesty International. La pression sur les déboutés du droit d’asile, qui, pour la plupart, deviennent clandestins, devrait s’accroître dans les mois à venir : Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà annoncé l’objectif de 25 000 expulsions pour 2006.

par Boris Thiolay « On descend en box »

Certains, venus en France pour des raisons économiques, profitent de ces récits fabriqués de toutes pièces. Mais d’autres ont réellement souffert, ayant été persécutés parce qu’ils sont militants politiques, homosexuels ou journalistes. Comment les distinguer des autres ? Ils sont passés par le même réseau. Ils dictent leur récit à un compatriote qui, parfois peu scrupuleux, invente une autre histoire. Ne parlant pas la langue, ils ne perçoivent pas la supercherie. Leur dossier en poche, ils envoient le tout à l’Ofpra. Moi, jeune officier de protection, je sais qu’on ne peut pas déterminer, à sa seule lecture, si le demandeur d’asile a réellement souffert ou non. Je sais que je devrais le recevoir et l’écouter pour savoir s’il a écrit la vérité. Pourtant, il faut « déstocker ». Mon chef a reçu l’instruction de faire du chiffre. Alors je fais du chiffre. Je rejette la demande de personnes qui, peut-être, craignent la mort dans leur pays.

Nul, dans la hiérarchie, ne remet en question la manière dont sont traités les dossiers. Nous sommes seuls face à nos cas de conscience. Et à notre méconnaissance du terrain. A mon arrivée, j’ai reçu une « fiche pays » censée contenir les informations essentielles pour prendre une décision. A savoir : une chronologie sommaire et quelques lignes sur les partis politiques d’opposition, le profil des personnes susceptibles d’être persécutées et la nature de ces sévices. Je vais bientôt recevoir les premiers demandeurs d’asile en entretien. Pour me préparer, j’observe des collègues plus expérimentés. Selon la formule consacrée, « on descend en box ». Le lieu n’est pas franchement accueillant : entre 2 et 3 mètres carrés, parfois sans fenêtre, une table et trois chaises. Il est 9 heures pétantes, j’accompagne une collègue qui a convoqué trois personnes dans la matinée. Elle est jeune, n’a qu’un an et demi de métier et, pourtant, elle est lasse. Elle part chercher le demandeur dans la salle d’attente : « N° 58. » Un Mauritanien se lève : jean, baskets, sourire timide. Il s’assied face à nous, face au vide. Ma collègue ne le regarde même pas. Elle vérifie son état civil, lui demande de raconter son histoire, pose des questions sans lever le nez de la feuille sur laquelle elle prend tout en note. Le jeune homme m’interroge du regard.

Avez-vous quelque chose à ajouter ? » demande ma collègue. La question clôt une demi-heure d’entretien. Au suivant : « N° 60. » J’espère ne jamais finir comme elle. Heureusement, un autre officier de protection me donne de l’espoir. Souriante, douce, à l’écoute, elle laisse d’abord le demandeur raconter son histoire avant de poser des questions : « Vous dites avoir été militant à l’UDPS [Union pour la démocratie et le progrès social], quelle est l’idéologie de ce parti ? » Puis : « Vous dites avoir été arrêté par la Division spéciale présidentielle le 18 avril 2000, pouvez-vous me décrire votre interpellation ? » Il nous regarde droit dans les yeux, nous répond avec aplomb, paraît assuré. Je regarde ma collègue, qui l’écoute avec attention. « Merci monsieur. L’entretien est fini. Vous recevrez la réponse de l’Ofpra dans les quinze jours. » Elle se lève. Je la suis, en proie au doute. Est-ce qu’elle va lui reconnaître le statut ? Je lui pose la question. Elle me regarde en souriant : « Non. Il ne peut pas avoir été arrêté par ces forces armées. Elles ont été dissoutes en 1997. » Je reste interdite : comment vais-je réussir à engranger autant d’informations ? Le week-end, je cours m’acheter des livres sur la Mauritanie et la République démocratique du Congo. Le jour du premier entretien arrive. Une question m’obsède : comment vais-je démêler le vrai du faux ? Suis-je assez informée pour poser les bonnes questions et déterminer si le demandeur dit la vérité ? Et où trouver l’information ? Sur Internet ? Impossible : nos terminaux ne sont pas connectés. Auprès des anciens collègues ? Difficile : nous avons l’ordre de ne pas les déranger. A la documentation ? Compliqué : la bibliothèque est ridiculement petite et les documentalistes sont trop peu nombreux. Quant à solliciter les Affaires étrangères, notre ministère de tutelle, j’ai vite abandonné l’idée après l’avoir soumise à mon chef. « Vous n’y pensez pas. » Le débat était clos. Il faut faire du chiffre, sinon c’est la porte

Au bout de quelques mois, il faut bien se rendre à l’évidence : les agréments se font rares et certains dossiers sont montés de toutes pièces. Souvent, obtenir le statut de réfugié politique est la seule solution pour avoir des papiers en France. Tous les matins, devant le bâtiment, ils sont une centaine à faire la queue pour défendre leur cause. Seuls 10% d’entre eux obtiendront le statut. Pourquoi ? Parce que la plupart sont en France pour des raisons économiques. C’est la misère qui les a poussés à fuir leur pays. A nous de faire le tri : oui pour celui-ci, non pour celui-là. Nos critères juridiques sont inscrits dans la convention de Genève écrite en 1951, qui stipule : « Le terme de réfugié s’appliquera à toute personne craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » Notre mission est de vérifier si la personne appartient à l’une de ces cinq catégories et de prouver qu’elle a réellement été persécutée. Une question me taraude : est-ce que toutes les conditions sont réunies pour prendre des décisions justes ? Chaque officier de protection rencontre plus de 300 demandeurs d’asile par an. 70% d’entre nous sont dans une situation précaire : un contrat d’un an, renouvelable... s’ils atteignent les objectifs. A savoir : écumer 2,2 dossiers par jour, pas un de moins ! Il faut aller vite, faire du chiffre. Sinon, c’est la porte ! Nous avons tous entre 25 et 30 ans, des projets de vie : trouver un logement, avoir des enfants, partir en vacances. Et, tous les ans, au mois de décembre, nous attendons le verdict : notre contrat est-il renouvelé ou bien allons-nous devoir pointer aux Assedic ? Pour éviter de se poser la question, quelques officiers de protection traitent les dossiers mécaniquement et remplissent les feuilles de statistiques mensuelles sans trop réfléchir. Du coup, les dossiers sont étudiés différemment suivant le caractère de chacun. Par exemple, lorsque les demandeurs ne viennent pas à l’entretien, je téléphone à la préfecture pour savoir s’ils n’ont pas changé d’adresse, car ils sont nombreux à ne pas avoir de logement fixe. Or certains de mes collègues pensent que ce coup de fil est une perte de temps, multipliée si le demandeur vient en entretien, et ils préfèrent considérer que celui-ci n’a pas daigné se déplacer : ils lui refusent l’asile et l’affaire est classée. 3 questions à Jean-Loup Kuhn-Delforge, directeur de l’Ofpra

Peut-on traiter correctement les dossiers des demandeurs d’asile quand on est soumis à l’obligation de « faire du chiffre » ? Si l’on veut lutter contre les filières d’immigration clandestine qui détournent le droit d’asile, il faut traiter rapidement les dossiers. Nos effectifs, 450 agents, ont doublé depuis cinq ans. 2,2 dossiers à traiter par jour et par officier de protection, c’est une moyenne. Certains sont d’une extraordinaire complication, par exemple les demandes tchétchènes, mais d’autres sont d’une extraordinaire simplicité.

Les officiers de protection, qui prennent des décisions lourdes, semblent souvent jeunes et insuffisamment formés... Nous les recrutons avec, au minimum, un DEA de droit, souvent centré sur les questions humanitaires. Beaucoup ont eu des expériences dans les ONG. Le budget de la formation a doublé en 2006 par rapport à 2005, et nous organisons des conférences sur les pays traités. Par ailleurs, l’officier de protection n’est pas seul. Il a auprès de lui une hiérarchie qui l’aide dans son travail.

Le raccourcissement général des délais permet-il vraiment aux demandeurs de présenter un dossier étayé ? Trois semaines pour déposer une première demande, c’est suffisant. Depuis 2003, nous sommes obligés de voir individuellement tous les demandeurs d’asile et le dossier écrit n’est plus central. L’essentiel, c’est l’entretien. En revanche, il est question de ramener le délai de un mois à quinze jours pour les recours (90% des demandeurs sont déboutés au premier examen, et 80% d’entre eux en déposent un). Quinze jours, c’est la moyenne en Europe.

Pour moi, le cas le plus difficile a été celui d’un Mauritanien qui habitait à la frontière du Sénégal. A peine 25 ans, vêtu d’un boubou traditionnel bleu pâle, il est entré dans mon box sans oser me regarder. Il s’est assis et, les yeux pointés sur ses chaussures, il m’a raconté son histoire en peul, tandis que l’interprète traduisait. Marabout, son père enseignait l’islam dans une école coranique. En 1989, lorsqu’un conflit éclata entre le Sénégal et la Mauritanie, les Négro-Mauritaniens furent la cible des Maures au pouvoir. L’armée fit alors irruption dans le village peul pour confisquer les quelques richesses des habitants. Le demandeur explique que son père a résisté, puis il ne trouve plus les mots pour poursuivre. Il a honte, plonge son regard vers le sol. « Les militaires lui ont demandé... », commence-t-il. La suite ne vient pas. Je lui demande, le plus doucement possible : « Que s’est-il passé ? » Il lâche : « Ils lui ont demandé de se déshabiller devant nous et ses élèves. » Je ne m’attendais pas à cela : c’est humiliant, soit, mais pourquoi paraît-il si affecté ? Il explique que la réputation de son père est ruinée. Sa famille a quitté le village. Et n’y reviendra jamais. Son visage s’affaisse, il a tout dit. A la sortie du box, je me tourne vers l’interprète : « Qu’y a-t-il de si violent dans cette agression ? » Il me rétorque, droit dans les yeux : « Il n’y a rien de pire pour un marabout que d’être dégradé ainsi devant toute sa famille. Il est très pudique, il porte des boubous qui ne dévoilent que ses mains. Même sa femme ne l’a jamais vu nu. Sa réputation est anéantie et son fils, dont le destin est de prendre sa suite, ne pourra jamais assumer ses fonctions. C’est terrible », conclut-il, abattu. Je comprends mieux. Je propose de reconnaître le statut à cet homme et me bats pour que ma hiérarchie comprenne les enjeux culturels de ces persécutions. Réticent au départ, mon chef cède face à ma détermination. Là encore, je mesure l’importance du hasard : si un autre officier de protection avait traité le dossier, il n’aurait peut-être pas eu le statut.

Un an a passé. Le renouvellement des contrats a été dur : mes collègues et moi, nous nous sommes battus pour dénoncer la difficulté de travailler correctement. Sanction : trois d’entre nous ne sont pas reconduits, une collègue et moi-même ne sommes renouvelées que six mois. Je suis déçue par l’institution : j’ai cru à ma mission, j’ai défendu mes dossiers et, pour toute reconnaissance, je n’ai qu’un contrat de six mois. Pour ma deuxième année, changement radical : je suis bombardée, sans qu’on m’ait consultée, à la demande d’asile asiatique. Pakistan, Sri Lanka, Inde, Mongolie, Bangladesh, voilà mes nouvelles destinations. Pas le temps de faire le deuil de l’Afrique, on m’apporte les nouveaux dossiers. Comment peut-on être affecté sur une zone du monde que l’on ne connaît pas ? L’office ne voit pas le problème. Moi, si. Langues, codes, gestuelle, culture, repères différents, j’ai l’impression de débarquer sur une autre planète : pour acquiescer, les Sri Lankais et les Indiens secouent la tête de gauche à droite, comme s’ils disaient non. Les Bangladais racontent leur histoire comme s’ils la récitaient. Certains Pakistanais ne regardent pas les femmes dans les yeux lors des entretiens et il vaut mieux ne pas s’habiller trop court. Les dix pages des fameuses « fiches pays »

En à peine un mois, il faut connaître la situation politique d’une dizaine de contrées. Mission impossible lorsque, pour toute documentation, on nous distribue les dix pages des fameuses « fiches pays ». Un dossier sri-lankais en main, je fonce voir mon chef : « Un Tamoul prétend avoir été persécuté par la police du LTTE [Tigres de libération de l’Eelam tamoul]. Qu’est-ce que je dois faire ? » « Il n’y a pas de police au LTTE », affirme-t-il, l’air amusé de ma naïveté. Sa réponse me surprend. Je cours voir une collègue qui connaît très bien le pays. « Mais bien sûr que si, dit-elle, le LTTE a une police. D’ailleurs, tu peux lire cet article », ajoute-t-elle en me tendant un article du Times sur le sujet. A qui puis-je faire confiance ? Pour lutter contre mon ignorance, je m’installe dans le bureau de deux spécialistes, l’un sur l’Inde et le Pakistan, l’autre sur le Sri Lanka. Ainsi encadrée, j’ai l’impression de diminuer ma marge d’erreur. J’essaie de comprendre la réalité de ces nouveaux pays, je me sens démunie. Comment être crédible et rassurer quelqu’un quand on n’a aucune idée de la situation dont il parle ? Je me sens en totale insécurité. Il m’est difficile d’apparaître décontractée et souriante. Plus je constate ma difficulté face aux demandeurs, plus je me fige. Il m’arrive de les couper au milieu de leurs phrases à force d’exaspération. J’ai honte de moi, je ne me reconnais plus. Je me documente, mais comment connaître le plan de la capitale de chaque pays, le cours de la monnaie, l’idéologie de chaque parti, l’organisation de chaque gouvernement ? Je parle avec mes collègues de bureau. Ils essaient de me rassurer, mais je me sens incompétente. Heureusement, certains d’entre eux ont gardé la foi et échanger avec eux m’apaise. L’office m’a usée : chaque histoire humaine est dramatique, quelles que soient les raisons qui ont poussé les personnes à quitter leur pays. J’ai en face de moi des demandeurs clochardisés, qui ont passé la nuit dehors. D’autres paient un loyer démesuré pour avoir une paillasse dans un 20-mètres carrés insalubre et surpeuplé. Dans le box, ils défendent leur avenir, celui de leur famille restée au pays. Leurs yeux espèrent, leurs mains se tordent et leur voix supplie. Et moi, qui ai le pouvoir de faire basculer leur destin, je deviens insensible à toute cette misère. Je sais que mon comportement est préjudiciable aux demandeurs. Au mois de janvier, j’ai enfin l’occasion d’exprimer ma colère. Je participe à une grève inédite : il s’agit du premier mouvement qui rassemble les salariés de l’office, ceux de la commission de recours des réfugiés (la cour d’appel de l’office) et les avocats qui défendent les requérants. Nous sommes tous réunis sous un mot d’ordre : « Asile en danger ». Les rapporteurs de la CRR confient leur dégoût durant l’accueil fait aux demandeurs. Des familles entières attendent, assises à même le sol, dans les couloirs. Le nombre de dossiers à traiter par séance est tel qu’ils ont à peine le temps de les étudier. Une histoire semblable à toutes les autres

Quelques dossiers exceptionnels me redonnent espoir. Par exemple, ce demandeur qui dit appartenir à la communauté biharie, un grand classique des dossiers bangladais. Originaires de l’Etat musulman du Bihar, ses membres ont choisi de s’exiler au Pakistan oriental (le futur Bangladesh) lors de la scission entre l’Inde et le Pakistan. Là-bas, ils ont occupé des postes à responsabilité jusqu’à la guerre d’indépendance, durant laquelle ils ont été maltraités par la population parce qu’ils soutenaient l’armée pakistanaise et étaient considérés comme des traîtres. Aujourd’hui, les Biharis sont exclus de la citoyenneté bangladaise et ils sont parqués dans un camp au centre de Dacca, où ils vivent dans le dénuement le plus total. Le jour de l’entretien, le demandeur est arrivé triste et voûté. Il m’a raconté son histoire, semblable à toutes les autres : humiliations quotidiennes et viol de sa femme. Il pleure, gémit. La routine. Je lui pose une question ou deux, brutalement. L’interprète lui demande sans cesse de parler bengali et non ourdou, la langue de sa communauté. Je m’interroge : peut-être celui-ci est-il réellement bihari ? Je ne veux pas passer à côté de cet homme. Je le reconvoque. Fait rarissime, il est vraiment bihari. Il nous explique ses conditions de vie dans le camp de Mohamedpur, où tous ses compatriotes sont parqués, la misère et les persécutions quotidiennes, la débrouille et finalement le viol de sa femme. Il est brisé, il sanglote. J’ai la gorge serrée. Je me tourne vers l’interprète : elle pleure en silence. Je respire un grand coup. Mais je n’arrive pas à me retenir. C’est la première fois. Lorsqu’une femme congolaise m’avait raconté son viol collectif par des soldats rwandais, j’étais sortie du box sous le prétexte de lui ramener un verre d’eau. Aujourd’hui, cet homme dégage tant de désespoir que l’interprète et moi sommes dévastées. Un quart d’heure après, il faut repartir en entretien. Je tombe sur une femme qui prétend appartenir à une minorité ethnique persécutée, mais elle en parle avec un tel mépris que, en quelques minutes, je me rends compte que c’est impossible. L’interprète est crispée. Dans l’ascenseur, elle raconte qu’elle-même appartient à cette minorité et qu’elle a dû fuir son pays à 12 ans.

Etape suivante : défendre le dossier. Ma chef estime que cet homme peut rentrer dans son pays parce qu’il n’a pas à craindre la mort. Je ne cède pas et j’obtiens gain de cause. Quelques semaines plus tard, l’une de mes collègues se plie, pour un cas similaire, aux arguments de la hiérarchie ; le demandeur n’a pas été reconnu réfugié. La routine s’installe : entretien puis rejet. Il devient déprimant d’être une machine à fabriquer des sans-papiers. Partir devient une nécessité. Catherine Le Gall

jeudi 19 janvier 2006.



  *Complément de cet article, un livre nouvellement sorti * « Droit
  d’asile au NON de quoi ? » de Clémence Armand

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Mercredi 2 mai 2007

Vous trouverez ci-dessous le courrier de M. Bernard Poignant adressé à M. Le Préfet du Morbihan pour soutenir la démarche de Khadijat et Magomed. Merci M. Le Député Européen.

Vu la maigre qualité du scan, voici le contenu du courrier :

Monsieur le Préfet,

Mon attention a été attirée sur la situation de Madame Gadjomarova, professeur de chimie et

de son fils Magomed actuellement réfugiés dans votre département.

Les informations qui m'ont été communiquées m'incitent à soutenir toutes les démarches

faites pour que ces personnes qui ont fui le Daghestan, suite aux persécutions d'un homme, en

l'occurrence le mari et le père, converti à la religion des Whahhabits.

En effet, membre du Parlement européen, je ne peux rester indifférent à la situation des

femmes qui subissent le fondamentalisme religieux. En effet, le respect, la promotion et la

protection des droits de l'homme constituent l'acquis de l'Union européenne et sont une des

pierres angulaires de la coopération européenne. Les droits de la femme, inscrits dans les

traités et dans les conventions internationales, ne peuvent être limités ni transgressés en se

réclamant d'interprétations religieuses, de traditions culturelles, de coutumes ou de

législations.

En l'espèce, compte tenu du risque de mort pour Madame Gadjomarova si elle devait

retourner dans son pays, il me serait agréable que vous puissiez reconsidérer la situation de

cette famille qui, d'un point de vue humain, me paraît digne d'intérêt et de lui accorder un

titre de séjour qui lui permettra de vivre et de travailler en France.

Restant à votre disposition,

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de ma considération distinguée.

Bernard Poignant

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Mardi 1 mai 2007
Mardi 01 Mai 2007
OUEST FRANCE du 3 mai 2007


Concert de
soutien à la famille Russe
le comité de soutien à Khadijat et Magomed, réfugiés du Daguestan organsie vendredi 4 mai un concert avec la participation d'une dizaine de groupes qui se produiront sur le  parvis de l'église à partir de 20 h 30. Au programme de la chanson, du rock et du raggae. Pour ouvrir la soirée Flanfare et Pruneaux de Rochefort en Terre se produira dans la rue, Hanbirom et ses compositions prendra le relais, suivi par la chorale les Voix lactées. Le collectif avec Rémy Peignard, Moopy, Karim, Mickaël Bolan et Benoit Fleury se produira vers 21 h 45. Les groupes des établissements scolaires du lycée Redon et de St Sauveur et du lycée Brocéliande seront sur scène également avec: Kétamine et ses reprises des années 60, Jungle Wax rock, les Bringuettes ouvertes (rock punck), The Ruffians, Yann Di Jovanni assurera l'intermède à l'accordéon. Sur place Galettes avec Bionaië. Le Carentino solidaire de l'action sera ouvert. La circulation du centre bourg sera déviée pour l'occasion. L'entrée sera gratuite, une souscription volontaire est prévue. Des artistes comme Ridan, Blankass et bien d'autres soutiennent ce mouvement, tout comme la municipalité de Carentoir et de Guer, Jean Yves le Drian président du conseil régional, Loïc Bouvard député, sont intervenus auprès du préfet, ainsi que le conseil général. Le mouvement est composé de nombreuses organisations, des enseignants des élèves du lycée de Guer, la FCPE, SGEN, CFDT, CGT, SDEN, SNES, FSU, SNFOLC,  Sambrana, etc. Un tournoi de football des moins de 12 ans aura lieu au stade du Bois vert le 12 mai avec les lycéens. D'autre actions se profilent. Une audience au tribunal administratif de Rennes aura lieue le jeudi 14 juin. Cette famille a quitté son pays suite aux menaces Islamiques proférées par l'ex mari de Kadhijat qui a rejoint le mouvement dur des wahhabits.
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Samedi 28 avril 2007

Ce samedi 28 avril comme chaque samedi désormais, une vingtaine de membres du collectif de soutien à Khadijat et Magomed se sont retrouvés sur la place de l'étoîle à Carentoir. Ce rendez-vous aura lieu tous les samedis jusqu'à l'audience au tribunal administratif le 14 juin prochain. Ces moments de convivialité permettent des échanges fructueux. Deux chaises vides ainsi qu'un panneau d'information sont laissé sur la place toute la journée du samedi. 

Jeudi soir, le pique nique à Guer à rassemblé une quarantaine de personnes. un défilé dans les rues depuis la Mairie a permis de rejoindre le rond-point de la salle des fêtes sur lequel, s'est déroulé le pique nique. Malgré une déclaration effectuée en Préfecture, les forces de l'ordre nous ont demandé de quitter les lieux. finalement les gendarmes nous ont permis de terminer le repas au milieu de la circulation qui n'était aucunement gênée. Toutefois, les banderoles et la présence de piques niqueurs sur le rond-point a permis d'interpeler les automobilistes et de recueillir de nouvelles signatures sur les pétitions.   

 

 

 

les manifestants

 

 

 

 

Vendredi 4 mai, à partir de 20h30, aura lieu le concert de soutien à Khadijat et Magomed. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Si vous avez un peu de temps préparez des gateaux ou crêpes que nous mettrons en vente lors du concert. Les personnes disponibles pour installer et préparer la scène et les panneaux d'affichage peuvent nous rejoindre à 19h devant le parvis de l'église.  Le programme du concert : Concert le 4 mai

Pour le mois mai, une soirée de théâtre d'improvisation sur le thème des sans papiers est en préparation. si vous connaissez des troupes n'hésitez pas à nous contacter : didierc64@wanadoo.fr

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Samedi 28 avril 2007
Samedi 28 Avril 2007; Ouest-France
Soutien aux réfugiés du Daguestan
Un pique-nique en soutien à Khadijat et Magomed
Le collectif en faveur de Khalijat Gadjomarova et de son fils Magomed menacés d'expulsion poursuit sa mobilisation. Il bénéficie de deux nouveaux soutiens politiques, celui du député Loïc Bouvard et celui du président de la région Bretagne Jean-Yves Le Drian. Les deux élus vont adresser dans ce sens des courriers à la préfecture et à l'Ofra, l'office français pour les réfugiés apatrides.

La première audience du recours auprès du tribunal est prévue le 14 juin. « Mais en fonction d'une loi votée le 30 décembre 2006, l'avocate de Khalijat et Magomed Mélanie Le Verger n'aura pas le droit de plaider », a précisé le porte-parole du collectif.

Le collectif poursuit ses actions et manifestations publiques en faveur de Khalijat et Magomed : un pique-nique a rassemblé le 26 avril une trentaine de personnes sur le rond-point carré près de la salle des fêtes. Le 4 mai un concert gratuit rassemblera à Carentoir sept groupes de musiciens qui interviendront gratuitement.

 
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Samedi 28 avril 2007

Me Mélanie Le VERGER, a reçu du tribunal administratif la date de l'audience, celle-ci aura lieu le jeudi 14 juin. Pour l'instant, l'horaire n'est pas fixé. Toutefois, dès à présent réservez votre journée, il faut être le plus nombreux possible ce jour là pour apporter un soutien à Khadijat et Magomed. Le tribunal administratif est en général sensible aux mobilisations qui sont aussi un moyen de montrer le degré d'intégration des sans papiers. Si certaines personnes ne disposent pas de moyen de locomotion, nous proposons de mettre en place un covoiturage. Toutes les personnes intéressées peuvent envoyer un mail à didierc64@wanadoo.fr en précisant si vous disposez de places dans votre véhicule ou si au contraire vous recherchez un moyen de transport.

Notez tous, jeudi 14 juin au tribunal administratif, 3 contour Motte 35000 RENNES  (Près de la Piscine St Georges)

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Mardi 24 avril 2007
J'ai eut une bonne nouvelle aujourd'hui, l'assistante parlementaire de M. Le Drian m'a appelé pour me dire que suite à nos sollicitations, le député et président de région avait écrit au préfet du morbihan et à L'OFPRA. M. Le Drian rejoint donc les conseils municipaux de Carentoir et Guer, La conseillère générale de Ploërmel, Mme Béatrice Le Marre; Le conseiller général de Guer, Jean-Marie Chadouteau. M. Bouvard, député de la circoncription de son côté, a pris un contact téléphonique avec Me Le Verger et s'était engagé à rencontrer le préfet sur le sujet. Me Le Verger, nous a appris ce mercredi qu'elle avait reçu un courrier de soutien à Khadijat et Magomed de la part de M. Loïc Bouvard. Nous remercions au nom de Khadijat et de Maga tous ces élus qui ont déjà apporté leur soutien. 
Au sein du collectif, les actions de soutien se poursuivent. Il y a déjà plus de 3000 signatures papiers et internet, il faut poursuivre et invitez votre entourage à signer cette pétition.  Les rendez-vous pour Khadijat et Magomed sont les suivants :
- Ce soir une motion de soutien a été déposé au conseil d'administration du lycée Brocéliande à Guer par la FCPE. Elle devrait être discuté et débattue au cours de la réunion.
- Rassemblement tous les samedi matin place de L'étoile à Carentoir (56)
- Pique-nique à Guer jeudi 26 avril. rendez-vous à 18h place de la mairie, défilé dans les rues et pique nique sur le rond-point de la salle des fêtes.
- Concert de soutien le vendredi 4 mai à partir de 20h30 avec sept groupes à l'affiche, entrée gratuite, programme sur :

Concert le 4 mai

- Le 12 mai tournoi de foot entre la fondelienne de Carentoir club de Magomed et des équipes du Lycée Brocéliande de Guer où il est scolarisé.
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